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Curé et autres paroissiens .

Ces temps-ci je l’avoue j’ai la gorge un peu acre . (C Nougaro)

« Ça te dirait de partir un mois à la montagne avec le curé ? »

Dans la vigne où nous attachons les plants de l'année,ma mère m'a posé la question. Nous sommes en juin 68 l’école est finie, les cours ne reprendront pas et mes parents seraient ravis que je ne traîne pas du côté de la ville.

« Une quinzaine de jeunes s’entraînent depuis le début de l’année pour préparer le camp d’été avec le curé et 2 messieurs de Cazedarnes. »

Tous les dimanches après la messe, les apprentis montagnards partent pour la montagne noire la piétaille dans le « tube Citroën » et les« élus » dans la Dauphine Gordini de Robert dit le « yéti ».

Le programme est un peu répétitif : soit la passe des hirondelles soit la dalle blanche du Beylot Ferrand.

Ma première sortie à la « passe » me rassure : la majeure partie de mes camarades est plus à l’aise pour servir la messe que pour évoluer sur le rocher.

Le dimanche suivant après un passage éclair dans le « filon de pegmatite blanche »,je vais comprendre pourquoi mes petits camarades ont tous un béret et des pantalons en velours. Eh oui le rappel à l’ancienne, ça brûle !

A une semaine du départ pour le camp, nous osons une folie,une entorse au sacro-saint programme : l’aiguille Narquoise.

Après étude de la voie, Pierre, le curé (c’est le chef) se lance en premier et bat très vite en retraite, il est relayé par JF,l'espoir prometteur, vite remplacé par le Yéti qui va à coup sûr passer ce passage du quatrième degré supérieur.

Calé entre deux rochers,au bas de l'aiguille j'ai peut être ricané.

« Tu n’as qu’à y aller puisque tu es si malin ! »

C'est à la “Narquoise” que j'ai gagné mes galons de varappeur et validé mon ticket pour le camp dans les Pyrénées.

Au cours de ce long séjour passé à grimper et à courir la montagne, j'ai appris à bien aimer les paroissiens… pour le curé, c’est une autre histoire.

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